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Conférences / Workshops

Au-delà des pannes politiques et des diktats économiques de l’Union européenne, les artistes peuvent-ils et souhaitent-ils redessiner un projet, un habitat commun en Europe – et au-delà ? Comment créer du lien entre les peuples à partir de la diversité et de l’itinérance des cultures, des langues et des œuvres ? Quel rôle jouent les initiatives institutionnelles et les réseaux professionnels dans cette dynamique culturelle commune ?

Pour améliorer leur visibilité et rompre leur isolement, trouver des co-productions et des partenariats, les acteurs culturels ont besoin d’aller à l’international. Quels sont les risques et les opportunités d’un développement international et comment peut-il être facilité et amplifié par les réseaux professionnels ?

La crise économique a entraîné la fermeture de sites de production industrielle et de commerces et la vacance de nombreux espaces immobiliers. Ces friches et lieux en déshérence ou en transition changent la physionomie des villes et peuvent accueillir de façon temporaire et à faible coût des projets culturels, des espaces de travail et de création au plus près des habitants des quartiers . À quelles conditions, notamment juridiques, ces expériences d’occupation d’espaces en friche peuvent-elles se développer en Grèce ? Comment assurer la viabilité de ces réappropriations temporaires ou même permanentes, au profit des acteurs de la culture ?

Des événements internationaux comme « Capitale européenne de la culture » font le pari que la culture est une force de dynamisation territoriale. Moyen de
développement économique et touristique, de transformation des usages et de
réappropriation citoyenne, la culture permet aussi, et surtout, ré-impulser un élan
vital sur des territoires en difficulté. Comment porteurs de projets culturels, artistes, administratifs, élus, architectes ou urbanistes intègrent la culture dans les
dynamiques territoriales ? Plusieurs initiatives en Grèce, dont le programme « un
élu, un artiste » et Eleusis capitale européenne de la culture 2021, partagent leurs
expériences et illustrent les enjeux d’une culture comme locomotive du
développement des territoires.

Le poids du patrimoine enferme parfois les sites et territoires dans une vision de carte postale touristique. Des monuments peuvent être à ce point écrasants que certains, comme l’auteur Christos Chrissopoulos, imaginent « la destruction du Parthénon » !
Comment interroger, faire vivre et animer les lieux dits remarquables, sites
historiques ou naturels, en les faisant dialoguer avec la création contemporaine ? Comment intégrer à cette dynamique les personnes qui font exister ces lieux mais aussi, plus largement, les populations locales ?

Les festivals sont des lieux de diffusion, de convivialité et de liberté, et un point d’observation de l’époque et des aspirations des jeunesses européennes. Quelles expériences proposent-ils aux publics locaux et internationaux ? Comment résistent-ils aux logiques marchandes et au risque de déconnexion avec leur territoire ? Comment de jeunes festivals portés par des publics locaux et proposant des programmations courageuses, novatrices et engagées participent-ils à la réinvention de nos festivals ?

Du temps, un cadre reposant et inspirant et des moyens pour créer… mais pour
qui ? En préservant les artistes des contingences matérielles habituelles pendant quelques semaines ou quelques mois, les résidences constituent de formidables opportunités de création. Pourtant elles sont bien souvent réservées aux artistes venus d’ailleurs. Comment éviter cet « effet aquarium » et permettre aussi aux artistes du territoire d’identifier des résidences et d’en bénéficier ? Comment créer une meilleure visibilité des résidences artistiques en Grèce et en Europe et les faire travailler ensemble ?

Plusieurs projets culturels solidaires ont été menés dans une Grèce qui, depuis 2015, est confrontée à la crise européenne de l’accueil des migrants. European Lab Delphes leur donne la parole pour partager leurs réflexions sur leurs actions et leur devenir.

La propriété intellectuelle reste la pierre angulaire des politiques culturelles. Un mois après l’adoption par le Parlement européen de la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique, European Lab Delphes propose un point d‘actualité et un échange sur les enjeux culturels et politiques de la question du droit d’auteur.

Face aux politiques d’austérité imposées par l’Union européenne, les Grecs ont réinventé une organisation sociale et une politique culturelle, en marge de la puissance publique.
Dans tous les domaines et notamment le champ culturel, le collectif et le faire ensemble ont pris une dimension centrale dans la société, à travers le
développement des collaborations et des pratiques interdisciplinaires.
Des économies parallèles fondées sur le partage et la mise en commun se sont
mises en place en Grèce, proposant des alternatives fondées sur l’autogestion et l’horizontalité.
En quoi des initiatives culturelles grecques autogérées ou participatives peuvent-elles participer à un projet de transformation de la société ?

Les traumas vécus par la Grèce ont suscité la création de mouvements, la mise en oeuvre de solidarités ou l’émergence de nouvelles formes d’organisation sociale dans des projets politiques qui n’ont pas toujours pour but la prise du pouvoir. Quel est l’impact sur la société de ces alternatives socio-culturelles fondées sur l’auto-organisation ? Comment s’inscrivent-elles dans l’histoire et les différentes
formes de l’exercice démocratique en Europe ?

Tant que l’Europe constituera un « destin forcé » sans alternative ni réinvention possibles, elle suscitera indifférence, colère ou violent rejet. Est-il encore temps de réinterroger la nature et les formes même du projet européen, et pour cela contester le discours économique dominant, penser des alternatives, informer autrement ?
Comment ouvrir des espaces de création, d’information et de pensée qui dépassent les cadres nationaux, faire vivre et circuler le débat en Europe et l’incarner à travers des figures, des plateformes, des nouveaux médias, des réseaux ? Portées par des artistes, des activistes, des journalistes ou des universitaires, des initiatives ouvrent des espaces de résistance et de réflexion à l’échelle européenne et internationale.

L’Est du continent suscite à la fois de la fascination, pour sa vitalité culturelle ou ses imaginaires débridés, et de l’inquiétude (montée en puissance de régimes autoritaires, nationalismes virulents, résurgence de conflits mémoriels…). L’Europe orientale et les Balkans portent une puissante capacité de régénération des récits qui nous relient au-delà des frontières et des fragmentations communautaires, religieuses ou linguistiques. Plus qu’ailleurs, les artistes ont conscience de la force politique de l’art et s’engagent dans la transformation de la société et les pratiques interculturelles.
European Lab Delphes se met à l’écoute de ces acteurs culturels venus de l’Est, porteurs d’autres pratiques et de nouveaux récits à partager.